Avec l’arrivée de l'été, j’assiste à un curieux phénomène : l’invasion de bébés ! Regardez autour de vous : poussettes, landeaux, ventres ronds et biberons prolifèrent ! Détrompez-vous, je n’ai absolument rien contre tout ça. Je suis juste sceptique quant à mon instinct maternel… vous savez bien, ce fameux instinct dont nous parlent tous les magazines dignes de ce nom. Pourtant, j’essaie de le développer… avec la meilleure volonté… je vous jure !
Il y a quelques temps, j’ai même appris à accoucher avec ma sœur ! Mon adorable aînée m’a demandé de l’accompagner à un cours de préparation à l’accouchement. Aucun problème, roule ma poule ! Nous allons passer un agréable moment à parler layettes, prénoms et avenirs prometteurs de ces rejetons. Eh bien, non… On est même à des milliers de kilomètres de ce monde enchanteur. Cette femme, aussi sage soit-elle, passe trois heures à disséquer devant son assemblée génitrice le programme des nombreuses réjouissances qui les attendent ! Contractions qui partent du dos et vous serrent comme des tenailles, poche des eaux/ bouchon muqueux, dilatation du col (en cm, ça va… en nombre de doigts, ça fait peur), les multiples modes d’accouchement (c’est incroyable ce que ces petits mondes peuvent être vicieux… déjà) et cerise sur le gâteau : le décollement artificiel du placenta ! Mon esprit hésitait entre stupéfaction, effroi et crise de rire… nerveux, bien sûr. J’étais plus tendue qu’une corde à piano alors qu’autour de moi, toutes ces futures mamans souriaient en dodelinant de la tête, voire se congratulaient. D’où ma nouvelle thèse : être enceinte fait perdre toute notion de réalité !
Parce qu’il s’agit bien de fait réel. Ce ne sont en aucun cas des supputations ou des extrapolations de corps médical. Préparez-vous, mères en devenir, à supporter entre 8 et 39 heures de contractions, à entendre des « poussez fort / ne poussez plus », à ne plus pouvoir vous asseoir ailleurs que sur une bouée, à avoir une démarche de cow-boy sans son cheval / les traits tirés / les seins douloureux… j’en passe et des meilleures !
Certes vous me direz que tout s’oublie devant le petit minois rose de sa progéniture… peut-être… mais après neuf mois de grossesse, un taux d’hormones fluctuant (qui vous aura fait passer de Bozzo le Clown au Spleen de Baudelaire), 10 à 25 kg en trop et plus ou moins bien répartis, il me semble qu’un accouchement en douceur et sans effets secondaires serait le bienvenu !
Mais la Nature étant ainsi faite et ne trouvant aucune alternative (et ce n’est pas faute d’y réfléchir ardemment !), je crois devoir me plier à cette implacable fatalité… donc…
Cette fois-ci, c’est décidé : j’arrête de vouloir faire des bébés !
