vendredi 12 décembre 2008

Je suis malade


Ah les hommes !... Sexe fort prétendu depuis des siècles, à défendre les pauvres petits êtres fragiles que sont les femmes, les veuves, les orphelins… ou les hamsters. Virils toujours, courageux parfois, téméraires… euh non, pas téméraires. Ces réserves de testostérone se vantent de braver tous les dangers mais se retrouvent alitées, les premiers frimas de l’hiver venus. Dernier exemple en date, jeudi soir dernier :
Belamour ferme un œil, bougonne, se réfugie sous la polaire. « Argh, argh, argh… je me sens pas très bien. Je crois que je suis malade ». Alors là, on est mal barré ! Un homme malade, ce sont des gémissements, des plaintes et des lamentations continues pendant une semaine, au bas mot. Courage, Mel, ce n’est qu’un mauvais moment à passer ! « Oh la la, j’ai chaud aux joues ! Je suis sûr que j’ai de la fièvre. Touche mon front pour voir. » Soupir… Je le rassure. Non, non, non son front est normalement tempéré. Mais je sens bien qu’un doute subsiste. « Ben, il n’est peut-être pas chaud de l’extérieur, mais je suis certain que je suis fiévreux. Sans rire, j’ai les jambes qui flageolent ». Inutile d’insister, j’ai perdu d’avance. Le voyant à l’article de la mort (hi hi hi, je me gausse), je me décide à voler à son secours, telle Wonder Woman et son mini short moulant. « Tu veux que je passe à la pharmacie pour t’acheter des médicaments ? » « Oui, je veux bien (dit-il dans un souffle). Tu es un amour, tu sais ». C’est ça…
Je me moque un peu de mon Tendre Cœur, mais ce constat est applicable à tout congénère masculin. Une coupure et c’est le risque d’hémorragie, voire d’amputation (on ne se méfie jamais assez de la gangrène !). Un rhume se transforme très vite en pneumonie carabinée. Quant aux douleurs diverses, elles sont très (voire trop) souvent synonyme d’une impossibilité motrice généralisée… Les pauvres chéris ! Comme le dit si bien ma chère Maman « heureusement que les hommes n’accouchent pas ». Effectivement, je pense que ce serait la fin de l’espèce humaine. Nous avons droit à tous les geignements du monde pour de simples brûlures d’estomac : je vous laisse imaginer ce que cela serait s’ils devaient supporter d’horribles contractions !!!
Je conçois que nos morphologies, patrimoines génétiques et autres constitutions soient profondément différents. Mais tout de même. Un mal de gorge n’a jamais tué personne ! J’ai donc mené ma petite enquête et les conclusions sont probantes : les hommes font du cinéma. Aucun alibi ne tient la route mais tous les motifs sont bons. Pouvoir traîner en jogging (ou en peignoir) toute la journée, ne faire absolument rien si ce n’est regarder le foot à la télé (ça marche aussi pour le basket et le rugby), se lamenter sans se faire rabrouer… et surtout, être dorloté/ materné/ cajolé/ câliné en continu, par celle qui partage les jours de ces pauvres êtres.
Messieurs, vous voici démasqués ! Cessez de jouer la comédie et avouez-le franchement : tout ce que vous voulez, c’est une femme aux petits soins. Personnellement, je veux bien faire des efforts, mais je préviens le principal intéressé tout de suite, ce sera un prêté pour un rendu. Moi aussi, je jouerai les malades imaginaires la prochaine fois ! Et qui m’aime me suive…
Cette fois-ci, c’est décidé : j’arrête de jouer les infirmières !